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Le Gaullisme rayonnant

                            

Nous sommes des « gaullistes de gauche », ou des « gaullistes sociaux » ou « gaullistes de progrès » comme on nous appelle parfois. Il est donc naturel que nous nous sentions surtout concernés par la politique intérieure de la France et, tout particulièrement, par la Participation qui, au sein du mouvement gaulliste, souligne notre particularité.

Toutefois, je pense que la politique étrangère de notre pays doit trouver toute sa place dans nos dorin.jpgpréoccupations dans la mesure où elle constituait un élément essentiel de l'action du Général. En dépit de sa richesse et de sa complexité, il ne me semble pas réducteur d'en dégager trois éléments essentiels.

D'abord, bien entendu, la France et sa souveraineté. Au moment où je préparais son voyage historique au Québec, j'entends encore le Général me dire : « quand vous hésitez sur la conduite à suivre, demandez-vous où est l'intérêt de la France ». Il s'agissait là, non d'une doctrine ou d'une idéologie, mais d'un grand pragmatisme, cet intérêt étant susceptible de changer d'une période à l'autre. Stigmatisant ce qu'il appelait la « politique du chien de chasse » qui consiste à aller dans toutes les directions pour revenir à chaque fois au pied, le Général avait ajouté : « avant de prendre une décision, il faut réfléchir longuement, et ce qui doit guider le choix, c'est justement l'intérêt de la France, mais une fois que la décision est prise, il faut s'y tenir fermement quels que soient les attaques, les critiques et les quolibets ». Puis, joignant le geste à la parole, il avait dit : « Il faut ramer, il faut ramer ! ». Ainsi l'intérêt de notre pays me paraît devoir être une grande priorité.

Ensuite, il convient de ne pas oublier que la Francophonie mondiale a été l'une des grandes idées du Général qui a eu le premier le mérite de la lancer sur la scène internationale, donnant ainsi à la France, qui en était naturellement le moteur et le principal élément, un rayonnement à l'échelle du monde. Le mandat officieux qu'il donna à Philippe Ravillon et à moi-même, de prendre contact avec les dirigeants africains ainsi que la coopération avec le Québec constituent les premiers éléments d'une politique qui devait plus tard déboucher sur la conférence périodiquement organisée des chefs d'Etat et de gouvernement de la Francophonie mondiale. Il me paraît donc indispensable que les gaullistes de gauche appuient avec force la politique francophone que le Général avait lui-même initiée.

Enfin, la réaffirmation et la mise en œuvre des grands principes de la Révolution française de 1789 me paraissent devoir constituer pour les gaullistes de gauche un devoir fondamental. Au premier rang de ces principes figure évidemment, dans le domaine international, « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », c'est à dire leur droit à l'indépendance et à la liberté. La liberté! Voilà un grand mot lâché. Il est à cet égard significatif que les trois discours les plus importants du Général en matière de politique étrangère sont sur la même ligne : celle de la liberté. C'est ainsi que le discours de Brazzaville ouvre la perspective de l'indépendance pour nos colonies d'Afrique noire, que celui de Phnom-Penh énonce que l'Asie doit revenir aux Asiatiques sans plus d'interférences américaines ou européennes, alors que le discours de Montréal est un appel à la souveraineté du Québec.

Or aujourd'hui, de nombreux peuples (les 32 millions de Kurdes en particulier) se voient dénier tout droit à l'autodétermination. Je pense profondément que si la France, au lieu de vendre des armes à des pays qui risquent de s'en servir contre leurs voisins ou pour réprimer leurs ressortissants, exploitait à fond le bénéfice moral des idéaux de 1789, elle pourrait en tirer un immense prestige international.

Ainsi, suivre les voies tracées en politique extérieure par le Général de Gaulle, ce n'est nullement s'accrocher à un passé révolu, mais bien au contraire ouvrir des perspectives pour l'avenir immédiat et même lointain. En effet, l'ancien chef de la France Libre nous propose, à nous gaullistes de gauche, des lignes directrices qui sont immuables, mais dont la mise en œuvre dépend des circonstances du moment. Cette alliance de la fermeté absolue dans les principes et de souplesse dans l'exécution, me paraît être la marque essentielle de ce que l'on pourrait appeler « le Gaullisme rayonnant ».


Paris le 25 mai 2010

S.E. Bernard Dorin, Ambassadeur de France
Membre du Conseil de Présidence du Club Nouveau Siècle




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