René
CAPITANT
Né le 19
août 1901 en Isère à la Tronche, René Capitant demeure dans le souvenir de ceux
qui l'ont connu un grand juriste et une âme passionnée. Docteur et agrégé des
Facultés de Droit, il est nommé en 1930 à l'université de Strasbourg. A sa
demande, il est mobilisé en 1939 et affecté au quartier général de la 5eme
armée. Il répond en 1940 à l'appel du 18 juin et contribue à fonder, à
Clermont-Ferrand, un mouvement de résistance qui deviendra Combat. Muté
en février 1941 comme professeur de droit à l'université d'Alger, il développe
le gaullisme en Afrique du Nord et crée le mouvement Combat-Empire qui
participe au débarquement des Alliés en Afrique du Nord. Il accueille de Gaulle
à Alger le 30 mai 1943 et est nommé par celui-ci commissaire à l'Instruction
publique du Comité français de la Libération, puis ministre de l'Education
nationale du gouvernement provisoire de 1944 à 1945. Il est élu cette même année
député du Bas-Rhin et publie plusieurs articles sur la Constitution. Il fonde le
20 janvier 1946 avec Louis Vallon "L'Union gaulliste", première esquisse du
"Rassemblement du peuple français". Il est élu député du Quartier latin lors de
l'élection de la première Assemblée nationale le 10 novembre. Professeur à la
Faculté de Droit de Paris en 1951, il milite à la Présidence du Conseil national
du "Rassemblement du peuple français" de 1952 à 1957. Nommé directeur de la
Maison franco-japonaise à Tokyo de 1957 à 1960, il adhère à "L'Union
démocratique du travail", à son retour en France. Il est député de la 3eme
circonscription de la Seine (Quartier latin) en 1962, réélu en mars 1967 et juin
1968. Président de la Commission des Lois de l'Assemblée nationale de 1962 à
1968, il est conseiller municipal de Paris à partir de 1965. Garde des Sceaux et
ministre de la Justice de par la volonté du général de Gaulle en 1968, il donne
sa démission dés l'annonce du départ de celui-ci. Dans sa vie et dans son œuvre
écrite, René Capitant combat pour la justice. Il s'est toujours soucié de
l'indépendance nationale, des conditions d'une véritable démocratie et a voulu
promouvoir la Participation . Il meurt le 23 mai
1970.
Jacques CHABAN-DELMAS
Né le 7
mars 1915 à Paris, il fait des études de droit et de science politique. Après sa
démobilisation en 40, stagiaire au ministère de la Production industrielle, il
fournit des renseignements à l'OCM. En 1943 il rentre à l'Inspection des
Finances. Le 1er mars 1944, il devient délégué militaire national avec le grade
de général de brigade et participe activement à la libération de Paris. En 1945,
il est secrétaire général du ministère de l'Information. Inscrit au parti
radical, député de la Gironde en 1946, gaulliste, membre du RPF, il renonce à la
double appartenance en 1951 et assure la présidence du groupe RPF à l'Assemblée
nationale. Il est plusieurs fois ministre sous la IVe République, notamment
ministre de la Défense nationale de Félix Gaillard (1957-1958). Jamais ministre
de De Gaulle, il devient Premier ministre de Pompidou en 1969, mais démissionne
en 1972, le Président n'étant pas favorable à son projet de Nouvelle Société. Il
est candidat malheureux à l'élection présidentielle de 1974. Député depuis 1946,
il est président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1969, puis de 1986 à 1988,
et maire de Bordeaux de 1947 à 1995. Il meurt à Paris le 10 novembre
2000.
Edgar
FAURE
Né le 18
août 1980 à Béziers. Inscrit au barreau de Paris (27), il est le plus jeune
avocat de France. Il gagne Alger en 1942, où de Gaulle en fait le chef du
service législatif du Gouvernement provisoire. En 1945, il est délégué-adjoint
au Tribunal international de Nuremberg. Favorable au dialogue et aux
juridictions internationales, il se lance dans la politique, il est élu député
radical du Jura (1946-58). Plusieurs fois ministre sous la IVe République il est
deux fois président du Conseil, en 1952 où il est renversé après 40 jours, et en
1955 où, renversé, il dissout l'Assemblée (première fois depuis 1877).
Progressivement rallié au gaullisme, sénateur du Jura en 1959, professeur agrégé
de droit, il est chargé par de Gaulle d'une mission officieuse en Chine (1963).
Ministre de l'Agriculture (1966-68), puis de l'Education nationale (après Mai
68), il prépare la loi d'orientation de l'enseignement supérieur. Député UNR du
Doubs (67-80), il est ministre des Affaires sociales (1972-73), puis président
de l'Assemblée nationale (1973-78). Elu à l'Académie française en 78, député
européen en 1979, sénateur du Doubs en 1980, il meurt le 30 mars 1988.
Romain GARY
Né le 8
mai 1914 à Wilno en Russie, Roman Kacew fait à Aix-en-Provence une licence en
droit qu'il achève à Paris. Ces études sont complétées par un diplôme de langues
slaves de l'université de Varsovie. Naturalisé français sous le nom de Romain
Gary, il reste connu comme diplomate et homme de Lettres. Il est toutefois,
d'abord, un Français libre. Il fait son service militaire dans l'aviation et se
trouve à Bordeaux-Mérignac en juin 1940. Il décide alors de rejoindre le général
de Gaulle. Envoyé en Orient, il sert en Libye, en Abyssinie et en Syrie. De
retour en Angleterre en février 1943, il est rattaché au groupe de bombardement
Lorraine qui effectue de nombreuses missions de jour sur les centrales
électriques et les gares de triage, puis à partir d'octobre 1943 sur des sites
de V1. Il se distingue particulièrement le 25 janvier 1944 et effectue sur le
front de l'Ouest plus de vingt-cinq missions offensives. Il entre dans la
carrière diplomatique après la guerre et devient romancier. De son œuvre
abondante, peuplée de personnages assoiffés d'absolu, on peut retenir :
L'Education européenne (1945), Les Racines du ciel (1956) - livre pour lequel il
reçoit le prix Goncourt- La Promesse de l'aube (1959). Il publie La Vie devant
soi sous le pseudonyme d'Emile Ajar. Il est également l'auteur d'articles, de
pièces de théâtre et de scenarii de films. Commandeur de la Légion d'honneur, il
met fin à ses jours le 2 décembre 1980.
André
MALRAUX
Né le 3
novembre 1901 à Paris, dans une famille modeste, il abandonne tôt ses études,
fait deux voyages en Extrême-Orient (1923, 1925), où, sensibilisé par les
injustices qu'il y voit, il écrit, au retour, Les Conquérants et La Condition
humaine (prix Goncourt en 1933). Engagé politiquement, il milite contre le
fascisme et le nazisme, participe au Congrès des écrivains soviétiques en 1934,
prend part à a guerre d'Espagne qui lui inspire L'Espoir. Mobilisé en 1939,
prisonnier, il s'évade. En 1944, il commande la brigade Alsace-Lorraine qui se
battra dans les Vosges, en Alsace et jusqu'à Stuttgart (1945). Ministre de
l'Information du général De Gaulle (novembre 1945-janvier 1946), il est délégué
à la propagande du RPF (1947 à 1953). Nommé ministre d'État chargé des Affaires
culturelles (1959-1969), il fait preuve d'un grand dynamisme (on lui doit
notamment les maisons de la culture, et une politique de rénovation de Paris).
Chantre du gaullisme, il est en tête de la manifestation de soutien à De Gaulle,
le 30 mai l968. Il meurt le 22 novembre 1976. Ses cendres ont été transférées au
Panthéon en novembre 1996.
Edmond MICHELET
Né le 8
octobre 1889 à Paris et engagé volontaire en janvier 1918, il préside
l'Association catholique de la jeunesse catholique (ACJF) du Béarn (1922-1925)
puis adhère aux Équipes sociales. Résistant dès juin 1940, il constitue le
mouvement Liberté, qui participe à la création de Combat en 1941. Chef régional
des Mouvements unis de la résistance (MUR) en 1942, arrêté par la Gestapo en
février 1943, il est déporté à Dachau. Il est membre de l'Assemblée consultative
provisoire, ministre des Armées (novembre 1945-janvier 1946), il est député MRP
de Corrèze. Adhèrent du RPF, il est exclu du MRP, puis membre du Conseil de
direction du RPF (1949-1953). Battu aux législatives, il est sénateur de la
Seine (1952-1959), et sera à la tête de tous les partis gaullistes du RPF à
l'UNR-UDT. Il est successivement ministre des Anciens combattants et Victimes de
guerre (1958), puis ministre de la Justice (1959-1961). Membre du Conseil
constitutionnel, il succède à André Malraux en 1969 sous la présidence de
Pompidou, comme ministre des Affaires culturelles, jusqu'à son décès à Marsillac
(Corrèze) le 9 octobre 1970.
Yvon
MORANDAT
Né le 25
décembre 1913 à Buellas (Ain), il milite dans le syndicalisme chrétien. Après la
campagne de Norvège (1939) et est l'un des premiers volontaires à rejoindre de
Gaulle. Parachuté en France en 1941, en contact avec le mouvement Libération, il
favorise la compréhension entre la Résistance intérieure et la France libre.
Membre de l'Assemblée consultative d'Alger (1943), il participe à la libération
de Paris (août 1944), fonde et préside l'Agence européenne de presse
(1944-1947). Attaché au cabinet de Jules Moch, ministre de l'Intérieur (1947),
il entre au conseil d'administration des Houillères de France (1949-1969).
Membre fondateur du RPF (1947), il en est le délégué à l'Action ouvrière en
1951. Député après le 13 mai 1958, il est l'un des fondateurs de l'Association
pour le soutien de l'action du général de Gaulle (1958) et du Centre de réforme
républicain. Membre du Comité directeur de l'Union démocratique du travail (UDT,
avril 1959), il est, de mai à juillet 1968, secrétaire d'Etat chargé des
Affaires sociales et de l'Emploi. Membre du Conseil économique et social à
partir de septembre 1969, il meurt le 8 novembre
1972.
Maurice SCHUMANN
Né à
Paris le 11 avril 1911, il est journaliste à l'agence Havas et dans la mouvance
démocrate-chrétienne, il collabore à L'Aube et à Temps présent.
Rallié au général de Gaulle (1940), il est porte-parole de la France libre ("Les
Français parlent aux Français"), puis rejoint le front de Normandie en août 44.
Cofondateur du MRP, il en assure la présidence de 1945 à 1949. Elu député du
Nord en 1945, régulièrement réélu jusqu'en 1973 (MRP, puis apparenté gaulliste à
partir de 1967), il est secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères (1951-1954).
Il se rallie à la Ve République, ministre de l'Aménagement du territoire (avril
1962), il quitte le gouvernement avec tous les ministres MRP en mai. Il y
revient (ministre d'Etat chargé de la Recherche scientifique et des Questions
atomiques et spatiales en 1967, ministre des Affaires sociales en 1968).
Européen convaincu, il est ministre des Affaires étrangères de Pompidou (69-73).
Rallié au RPR, il est sénateur du Nord depuis 1974. Il est Compagnon de la
Libération et membre de l'Académie française. Il meurt le 9 février
1998.
Louis
TERRENOIRE
Né le 10
novembre 1908 à Lyon (Rhône), il est responsable de syndicats chrétiens (1928),
rédacteur en chef de La Voix sociale, puis du Nouveau Journal de
Lyon (1930-1931), et rejoint, en 1932, L'Aube (périodique
démocrate-chrétien). Résistant dès 1940, il devient secrétaire du Conseil
national de la résistance (CNR) en 1943. Arrêté par la Gestapo, en décembre 1943
puis en mars 1944, il est déporté à Dachau. Député MRP de l'Orne aux deux
Assemblées constituantes, puis à l'Assemblée nationale (1946), il adhère au RPF
et devient vice-président du Mouvement républicain populaire indépendant, après
son exclusion du MRP hostile à la double appartenance. Secrétaire général du RPF
(51-54), il échoue à la députation sous la IVe République, mais retrouve son
siège à partir de 1958. Président du groupe UNR de l'Assemblée nationale
(1959-1960), il est ministre de l'Information (1960-1961) puis ministre délégué
chargé des relations avec le Parlement (1961-1962). Secrétaire général de l'UNR
(mai-décembre 1962), il est co-directeur de l'hebdomadaire UNR-UDT Notre
République (1963-1964). Il renonce en 1973 à son siège de député et meurt le
8 janvier 1992.
Louis
VALLON
Louis
Vallon naît le 12 août 1901 à Crest dans la Drôme. Socialiste, esprit original
et désintéressé, il choisit de mener une vie sans concession. Polytechnicien, il
est ingénieur radio-électricien de 1924 à 1929, puis chef des émissions
économiques et sociales de la radiodiffusion de 1936 à 1939. Il est mobilisé
cette année-là comme capitaine dans une division d'intervalle entre deux
ouvrages de la ligne Maginot. Il s'engage en 1942 dans un réseau de
renseignements clandestins, la Confrérie Notre-Dame dirigée par Rémy. Celle-ci
est ravagée par des dénonciations et Louis Vallon rejoint Londres. Il est
désigné par le colonel Passy pour créer et diriger un bureau appelé à traiter au
sein du BCRA toutes les questions non militaires. Requis à Alger, il joue un
rôle de premier plan à l'Assemblée consultative de 1943 à 1944. De retour à
Londres, il forme un commando de parachutistes à la tête duquel il prend part à
la campagne de France. Après la guerre, sa vie devient publique. On le retrouve
directeur-adjoint pour les questions économiques et financières au cabinet du
général de Gaulle de 1944 à 1946. Directeur de l'administration des monnaies et
médailles de 1946 à 1951, il est député RPF de la Seine de 1951 à 1955. Il est
directeur à l'administration centrale des Finances de 1956 à 1962, commissaire
du gouvernement auprès de la Banque générale de crédit et de participations
(Saga) de 1961 à 1962, membre du Conseil économique et social de 1959 à 1962.
Député UNR-UDT de Seine et Oise et rapporteur général de la commission des
Finances de l'Assemblée nationale de 1962 à 1967, il est député de Paris dans la
25eme circonscription de 1968 à 1973. Venu au général de Gaulle sans
restriction, inspirateur de l'idée de Participation,
il entend que le gaullisme réalise un rassemblement de toutes les classes de la
nation. Il meurt en 1981.