Participation, ils ont dit ...



Jacques Chirac, interviewé sur Europe 1 par Jean-Pierre Elkabach le 18 septembre 2006.

La participation et l'épargne salariale qui font l'objet d'une loi, comme vous le savez, sont à mon avis un élément essentiel de l'équilibre futur de notre société. C'est vrai sur le plan social car c'est un moyen de partager les richesses et d'augmenter le pouvoir d'achat. C'est vrai sur le plan économique car c'est un moyen pour protéger l'ensemble de nos grandes entreprises en particulier qui peuvent être l'objet d'actions hostiles de la part d'entreprises étrangères.

 

Le commentaire du Club Nouveau Siècle

Alors que son intervention portait pour l’essentiel sur les sujets de politique extérieure, il est important que le président ait délibérément choisi d’aborder le thème de la participation, à quelques semaines du débat parlementaire prévu début octobre. Au-delà des mesures techniques, il a tenu à réaffirmer l’ambition de la participation, « élément essentiel de l’équilibre futur de notre société ».

 

Nicolas Sarkozy lors de la Convention Sociale de l'UMP le 17 mars 2006

Si nous mettons le travail au centre de notre projet social, notre rôle est aussi d’encourager les mécanismes qui permettent d’associer les salariés aux bonnes performances des entreprises. Si une entreprise ne répartit pas équitablement les profits entre les salariés et les actionnaires, l’Etat est dans son rôle s’il en parle. Il est dangereux pour la société que les profits des uns deviennent inacceptables. Pour que les règles du jeu soient acceptées par tous, il faut que chacun ait le sentiment qu’il y trouvera son compte. Il faut aussi que ces règles soient transparentes.

 

Le commentaire du Club Nouveau Siècle

En affirmant la nécessité d’associer les salariés aux résultats de l’entreprise dans laquelle ils travaillent, Nicolas Sarkozy se démarque à la fois des libéraux « pur sucre » et des tenants du capitalisme populaire pour se rapprocher des thèses que nous défendons.

 

Dominique de Villepin dans Les Echos des 23-24 septembre 2005

On voit trop souvent en France une opposition stérile entre les entrepreneurs et les salariés. Mais ce sont les mêmes intérêts ! C’est la même aventure ! Créons la volonté de gagner ensemble. Développons en particulier la participation des salariés dans l’entreprise.

Le gouvernement veut donc inciter les Français à placer une part croissante de leur épargne vers les actions … Par ailleurs, les salariés doivent devenir propriétaires de leurs entreprises.


Le commentaire du Club Nouveau Siècle

Comme le souligne le quotidien économique Les Echos, il s’agit de la première interview du Premier Ministre consacrée à la politique économique. Il est d’autant plus remarquable que ce dernier ait profité de cette tribune pour mettre en avant la participation, et en lui donnant tout son sens. Dominique de Villepin fait en effet bien la différence entre l’actionnariat populaire et le fait que les salariés détiennent des actions de l’entreprise dans laquelle ils travaillent.

 

Édouard Balladur dans le Monde du 17 août 2005

Quant à l’amélioration de la compétitivité, seul moyen de lutter contre le chômage, on y parviendra … en partageant équitablement les profits grâce à la relance de l’intéressement et de la participation …

La poursuite des privatisations est indispensable pour aérer notre économie, dynamiser nos entreprises, en faire le bien de tous grâce à l’actionnariat populaire …

Il faut que les Français aient intérêt à être propriétaires en France d’entreprises françaises …

 

Le commentaire du Club Nouveau Siècle


Édouard Balladur défend avec constance des idées pas trop éloignées des nôtres. Ainsi notons par exemple cependant une grande différence d’inspiration entre l’actionnariat populaire et la participation au capital. Dans un cas, on souhaite simplement que le plus grand nombre détienne un portefeuille d’actions et il n’y a pas de lien entre le capital que l’on possède et l’entreprise dans laquelle on travaille. Dans le schéma de la participation au capital, l’objectif est de rendre les salariés co-propriétaires de l’entreprise dans laquelle ils travaillent

 

Emmanuel Froissart et Martin Le Roy (respectivement président fondateur et consultant associé de Idée Consultants) dans Les Echos des 5 et 6 août 2005

Réconcilier le capital et le travail par la participation …

… Il serait judicieux de mieux distinguer la participation, outil d’association au résultat, de l’intéressement, outil de partage de la performance obtenue par atteinte d’objectifs. La participation représenterait alors le « dividende du salarié » variant selon la conjoncture. Bien qu’immédiatement disponibles, ces dispositifs ne seraient, pas plus qu’aujourd’hui, une rémunération du travail … et ils resteraient, comme aujourd’hui, exonérés de charges sociales.

La participation de 1967 ne se limitait pas à, la seule participation financière. Elle imaginait également une association des salariés au contrôle de l’entreprise. Ce n’était pas la cogestion, car il ne s’agissait pas de décider. Mais c’était la gouvernance avant l’amélioration du concept.

Le commentaire du Club Nouveau Siècle

Les 2 auteurs de l’article militent pour la suppression du blocage de la participation pendant 5 ans. Le CNS n’est pas favorable à cette disponibilité immédiate qui vide la participation d’une partie de sa substance pour la réduire à un complément de rémunération. Mais l’article a le mérite de bien situer le débat : ou l’argent de la participation est réinvesti dans l’entreprise et on est dans une logique d’association capital travail (seulement 20 % des sommes aujourd’hui) – ou l’argent est investi dans des fonds communs de placement via des sociétés de gestion et on est dans une logique d’épargne salariale. Le CNS défend une conception ambitieuse et pas seulement financière : l’association des salariés au capital de l’entreprise dans laquelle ils travaillent et aux décisions qui les concernent doit être un des piliers du modèle social français et européen à réinventer.

 

Patrick Ollier dans Libération du 4 août 2005

En tant que gaulliste, je crois beaucoup à la réconciliation du capital et du travail et aussi à la participation, cadre dans lequel les salariés sont propriétaires de leur entreprise.  L’occasion offerte par Danone faisant le larron, je pense que l’actionnariat salarié pourrait être utilisé efficacement pour constituer des noyaux durs au sein du capital de nos grandes entreprises cotées en Bourse. Ces noyaux durs pourraient contribuer à empêcher les OPA hostiles. Je prépare un texte en ce sens pour la fin de l’année ou le début 2006 au plus tard. Concrètement, les salariés recevront des actions de leur entreprise, soit au titre de la participation soit en les achetant. Ces souscriptions d’actions pourraient être obligatoires en fonction de la situation de l’entreprise.

 

Le commentaire du Club Nouveau Siècle

Bravo à Patrick Ollier, le président UMP de la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée, pour réaffirmer l’ambition gaulliste de la participation et d’en montrer toute l’actualité.