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28 grands magasins, 174 supermarchés, des filiales de vente
en ligne, 63 000 employés et près de 8 milliards d’euros de chiffre
d’affaires, le groupe John Lewis fait partie des dix premiers de la vente au
détail dans son pays. C’est une entreprise qui réussit dans un univers très
concurrentiel et affiche des plans de croissance ambitieux. Et cela dure depuis
75 ans avec un fonctionnement de type coopératif puisque les salariés sont les
propriétaires.
« Le but suprême du Partnership John Lewis est
simplement le bonheur de ses membres », déclarait John Spedan Lewis, fondateur
du groupe voici soixante-quinze ans. Avec comme idée que l'implication du
personnel est un formidable avantage concurrentiel. Pour Stuart Hampson, qui
préside le groupe depuis douze ans, le « partnership » ne présente que des
avantages : il permet de travailler pour le long terme et d'apporter un soin
tout particulier au « management » des hommes. Cela n'empêche pas John Lewis de
licencier lorsqu'il est impossible de faire autrement. « Nous explorons toutes
les possibilités avant de prendre une telle décision. Mais nous ne pouvons pas
laisser se développer un foyer de perte », souligne Stuart
Hampson.
Le partnership n'est pas non plus un système collectiviste :
les salariés sont propriétaires du groupe, mais la direction est là pour faire
du chiffre d'affaires et concurrencer les autres groupes. « Nous gérons de la
part des autres partenaires et nous expliquons ce que nous faisons soit dans
notre magazine hebdomadaire soit en conseil », explique-t-il. Le conseil
d'administration comprend, outre un directeur général exécutif, cinq directeurs
seniors et cinq membres élus par le partnership. « Mais ils ne sont pas une
opposition, ils sont là pour développer l'affaire », précise Stuart
Hampson.
Les salariés deviennent partenaires (« partners ») le jour
où ils entrent dans le groupe et cessent de l'être aussitôt qu'ils le quittent.
Mais ils ne détiennent pas d'actions, qui sont dans le trust. Les profits vont
seulement aux partenaires présents. Tous les salariés présents reçoivent chaque
année une prime en fonction des profits réalisés : « C'est la même prime
pour tout le monde, il n'y a pas de bonus pour la direction comme cela existe
dans d'autres sociétés ». L'implication des salariés est réelle : à Edimbourg,
ce sont les vendeurs qui ont décidé qu'il leur fallait être tous présents à
l'heure du déjeuner, heure de rush dans leur magasin. Il aurait probablement été
difficile de leur faire changer leurs habitudes s'ils n'avaient pas été à la
fois propriétaires et consultés sur ce qui était le mieux pour leur
société.
La structure particulière de la société n’est-elle pas un
obstacle à ses ambitions de croissance ? « Il y a une chose que nous ne pouvons
pas faire : c'est une grosse OPA », admet Stuart Hampson. « En revanche, nous
trouvons des prêteurs, pour qui nous présentons l'avantage de ne pas être
opéables et d'avoir une structure stable. » Le groupe investit dans une optique
de long terme que les sociétés cotées ne peuvent avoir. « Nous voulons croître à
notre rythme, c'est notre culture. »
Pour tout savoir sur le partnership
accès à la brochure John Lewis (en anglais)